SFMG - Société Française de Médecine Générale

Juin 2026 Gallais JL*, Chevallier F*, ***, Detournay B**, Caron A**, Bezannier L**, Raineri F* *SFMG **CEMKA *** Université Sorbonne Paris Nord

Title: TAMGE: Study of working time, activity, and modes of private and salaried practice in outpatient general medicine in Nouvelle-Aquitaine and Île-de-France.

Authors : Gallais JL, Chevallier F, Caron A, Bezannier L, Raineri F

Context : General practice in France is undergoing profound transformations, marked by feminization of the profession, increasing group practice, expansion of salaried positions, and the integration of digital health tools. These changes occur in a context of limited access to care, raising questions about how different modes of practice shape the daily activity and working conditions of general practitioners (GPs).

Objectives : The main goal of TAMGE study was to describe and compare the activity—care, coordination, and administration—and working conditions of GPs according to their practice type (private, salaried, or mixed) in two contrasting regions: Nouvelle‑Aquitaine and Île‑de‑France.

Methods :A cross‑sectional observational study was conducted in 2025. Out of 1,787 eligible respondents, 499 GPs participated in detailed prospective data collection over two randomized half‑days. Analyses compared practitioners’ characteristics and activities according to practice type and region.

Results : Outcomes highlight the coexistence of two distinct ecosystems. Among exclusive private GPs (N=356), most worked in group offices (56.4%), health centers (27.0%), or solo practice (22.5%). Exclusive salaried GPs (N=92) were predominantly based in health centers (70.7%), with additional activity in hospital facilities (37.0%). The private model, representing 81.6% of the sample, was associated with heavier workloads: an average of 22.1 procedures per day, 9.3 working hours, and significant involvement in public service missions (40.0% on‑call duties) and medical training (48.4% supervising students). Administrative burden was judged excessive by 60.4% of private GPs, nearly all of whom worked in sector 1 (97%).
By contrast, salaried GPs (18.4% of the sample) reported shorter working days (8.4 hours), fewer procedures (16.4/day), and encountered patients without designated primary care physicians more frequently (13.1% vs. 3.7%). They also faced patients’ economic difficulties more often (45.7% vs. 17.0%). Continuity of care differed markedly: 78.6% of private patients consulted their designated PCP, compared to 35.6% in salaried practice.

Discussion : TAMGE highlith new needs to optimize patients’pathways according to populations, health services and traditional or new health providers involved.

Conclusions :  Outpatient general medicine in 2025 reflects two complementary functional logics. These findings call for differentiated national and territorial policies to support each model’s specificities, ensuring equitable access to care and sustaining the future of medical training through MSUs.

Keywords: General medicine; primary care; workload; private practice; salaried practice; healthcare organization; France.

Titre : TAMGE : étude du temps de travail, de l’activité et des modes d’exercice libéral et salarié en médecine générale ambulatoire en Nouvelle-Aquitaine et en Île-de-France.

Contexte : La médecine générale en France connaît de profondes transformations, marquées par la féminisation de la profession, l’augmentation de l’exercice en groupe, le développement des postes salariés et l’intégration d’outils de santé numérique. Ces évolutions s’inscrivent dans un contexte de difficulté d’accès aux soins, ce qui soulève la question de la manière dont les différents modes d’exercice structurent l’activité quotidienne et les conditions de travail des médecins généralistes.

Objectifs : L’objectif principal de l’étude TAMGE était de décrire et de comparer l’activité — soins, coordination et tâches administratives — ainsi que les conditions de travail des médecins généralistes selon leur type d’exercice (libéral, salarié ou mixte) dans deux régions contrastées : la Nouvelle-Aquitaine et l’Île-de-France.

Méthodes : Une étude observationnelle transversale a été menée en 2025. Parmi 1 787 répondants éligibles, 499 médecins généralistes ont participé à une collecte prospective détaillée sur deux demi-journées tirées au sort. Les analyses comparaient les caractéristiques et les activités des praticiens selon leur type d’exercice et leur région.

Résultats : Les résultats mettent en évidence la coexistence de deux écosystèmes distincts. Parmi les médecins généralistes exerçant exclusivement en libéral (N = 356), la plupart travaillaient en cabinet de groupe (56,4%), en maison de santé (27,0%) ou en cabinet isolé (22,5%). Les médecins généralistes exerçant exclusivement en salariat (N = 92) étaient principalement implantés en maison de santé (70,7%), avec une activité complémentaire en structure hospitalière (37,0%).

Le modèle libéral, qui représentait 81,6% de l’échantillon, était associé à une charge de travail plus importante : en moyenne 22,1 actes par jour, 9,3 heures de travail quotidien, ainsi qu’une implication notable dans les missions de service public (40,0% d’astreintes) et dans la formation médicale (48,4% d’encadrement d’étudiants). La charge administrative était jugée excessive par 60,4% des médecins libéraux, presque tous installés en secteur 1 (97%).

À l’inverse, les médecins salariés (18,4% de l’échantillon) rapportaient des journées plus courtes (8,4 heures), moins d’actes (16,4/jour) et rencontraient plus fréquemment des patients sans médecin traitant désigné (13,1% contre 3,7%). Ils étaient aussi plus souvent confrontés aux difficultés économiques des patients (45,7% contre 17,0%). La continuité des soins différait nettement : 78,6% des patients suivis en libéral consultaient leur médecin traitant désigné, contre 35,6% en exercice salarié.

Discussion : TAMGE met en évidence de nouveaux besoins pour optimiser les parcours patients selon les populations, les services de santé et les acteurs traditionnels ou nouveaux impliqués dans les soins.

Conclusions : La médecine générale ambulatoire en 2025 reflète deux logiques fonctionnelles complémentaires. Ces résultats plaident pour des politiques nationales et territoriales différenciées, afin de soutenir les spécificités de chaque modèle, de garantir un accès équitable aux soins et d’assurer l’avenir de la formation médicale à travers les maîtres de stage universitaires.

Mots-clés : médecine générale ; soins primaires ; charge de travail ; exercice libéral ; exercice salarié ; organisation des soins ; France.